lundi 22 mai 2017

La lettre de démission parfaite...ou presque...




Je vais pas vous faire le topo de mon taff, mais pour faire bref, c'est pas la panacée...et je rêve de pouvoir le quitter...

En attendant que ce doux fantasme devienne, je l'espère un jour, une réalité, je m'imagine la lettre de démission que je surkifferai envoyer à ces chers individus des RH (Raclures Ressources Humaines)...







Madame la chef des RH,

J'ai la joie intergalactique incommensurable de vous coller présenter ma démission. Celle-ci est à effet immédiat, ne comptez pas à ce que j'effectue un quelconque préavis, je me suis assez fader vos gueules de cons suffisamment donnée pour cette entreprise qui ne me mérite pas, je reprends à l'instant même où vous me lisez ma si douce liberté, perdue trop longtemps à vos côtés.

J'ai bien conscience de ne pas être modelée comme bon vous semble, mais je ne suis jamais rentrée dans aucun moule, et je crois bien que les choses me conviennent ainsi, je suis née avec la chance de pouvoir exercer ma liberté d'agir et de penser, et je tiens bien à en jouir le plus possible. J'ai été dotée d'un cerveau à ma naissance, et bien que vous ne vous en soyez jamais rendue compte, il fonctionne plutôt pas trop mal, et de manière plutôt pas trop conne stupide. 

Oui mais voilà, penser c'est désobéir dans cette entreprise, je n'ai pourtant pas signé avec l'armée, et pour cause, je ne suis pas faite pour obéir aux ordres bêtement. J'aime comprendre ce que je fais et pourquoi je le fais, ce qui pour certains est gage d'intelligence et exprime une qualité non négligeable, mais qui pour vous est synonyme de rébellion et de personnel difficile à gérer. Oui un employé qui réfléchi vous pose souci. Quelle tristesse. Il faut être un mouton de Panurge pour espérer décrocher vos faveurs et évoluer au sein de votre prison. Qui n'est point béni-oui-oui sera d'office perçu comme un problème, une bête à abattre. Les armes les plus utilisées pour cet abatage : le harcèlement, la pression, la dépréciation, la mise au placard...et d'autres encore...

Je n'ai que trop souffert de vos maltraitances. Ni ma bonne volonté, ni mes excellents résultats professionnels n'ont eu égard à vos yeux. La faute à ma grande gueule à ma stupide utopie de vouloir faire avancer les choses dans la bonne direction en ayant le malheur de souligner ce qui ne fonctionne pas et ce qui pourrait être mis en oeuvre pour que la tâche quotidienne nous soit moins douloureuse tout en étant plus efficace.

Certes, je ne suis pas ouvrière dans une industrie textile au Bengladesh,  il y a pire sur Terre que de travailler pour vous, mais dans un pays développé comme le nôtre où beaucoup se sont battus pour des droits du travail décents, j'ai malheureusement le sentiment d'un net retour en arrière, d'une régression en marche constante. Quant au salaire...il me semble être retournée à mes années étudiantes avec mon petit job qui me fournissait mon argent de poche pour mes loisirs...à la différence qu'aujourd'hui je me dois de gagner ma vie,  un tant soit peu, rien n'étant gratuit dans notre si merveilleuse société...et oui, moi aussi j'ai besoin de me loger et de me nourrir...

Je me suis pourtant investie dans mon travail, j'ai prouvé ma valeur, exprimé ma volonté de développer mes compétences professionnelles et de gravir les échelons...mais mes actes sont restés vains, à aucun moment vous n'avez su saisir le potentiel que je représente pour vous et cette société.

Au fil des années, qui m'ont semblé des éternités, je me suis éteinte, frôlant la folie pour ne pas comprendre ce que vous pouviez bien me reprocher et attendre de moi de plus qu'un travail soigné tant en qualité qu'en quantité.

Et puis j'ai enfin saisi l'ampleur de votre bêtise qui devient au fil du temps de la discrimination...car oui nous ne sommes pas tous égaux à vos yeux, et le traitement pour chacun est bien différent, n'ayant rien de logique avec l'implication que l'on peut mettre en oeuvre dans notre travail quotidien. J'ai compris que l'employé idéal, du mois et de l'année, votre saint Graal en matière de salarié était celui qui ne réfléchissait point, ne doutait point, ne questionnait point...Le nec plus ultra ne connaît pas le non, est un bon lèche fion flatteur, et il agit toujours avec le sourire aux lèvres, quelque soit l'enculade le préjudice subit...

Je ne serai donc jamais celle que vous attendez de moi, celle que vous voudriez que je sois, tout comme vous n'avez pas su non plus répondre à mes besoins et envies. J'ai le regret, pour vous, et le bonheur, pour moi, de vous annoncer que vous allez désormais vous passer de mes services, bien trop précieux pour des gens de votre espèce, espèce malheureusement pas en voix de disparition, espèce la pire qui soit, celle qui abuse de son petit pouvoir pour exercer un despotisme ravageur.

Je suis trop bien pour vous et je vous emmerde avec toute la délicatesse que cela impose.

À jamais...



Même si la démission n'est pas pour demain, d'avoir couché ces mots là comme ça fait déjà un bien fou...pendant au moins 30 secondes...

Je vous laisse avec cette chanson très à propos de "Les Vilars"...caustique et drôle comme j'aime...











8 commentaires:

  1. Si t'en peux plus négocié ton départ et cassos !!!
    Tu auras tout le temps de te poser ensuite et de réfléchir à ce qui te ferait vraiment vibrer !
    Bises, Amélie

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    1. Zhom étant actuellement au chômage et en recherche d'emploi je vais déjà attendre que les choses se stabilisent de son côté, d'autant que ma boîte n'accepte pas les ruptures conventionnelles, donc si je pars je dois être assurée d'avoir quelque chose derrière. J'ai demandé un CIF dont le financement m'a été refusé, mais je retenterai. Je me laisse le temps mais tôt ou tard je compte bien me casser effectivement ;-)

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  2. Ils font pas de rupture conventionnelle !?? Les b.ta.ds !
    Du coup je comprends avec doudou pas dans une situation facile.
    Bon bah ça viendra !
    Commence déjà à réfléchir à qqch d'autre 😉
    Bon courage

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    1. Je te le fais pas dire ;-) Oui, je réfléchis et le moment venu ciao bye bye...

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  3. Elle est jouissive cette lettre ! Tellement bien écrite, elle fait du bien à lire :))
    J'ai été moins éloquente mais je n'en pensais pas moins...
    Courage, encore quelques mois à faire le gros dos et tu trouveras bien mieux ;)

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    1. La grosse jouissance sera le jour où je l'enverrai ;-)

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  4. Ah moi quand j'ai quitté un CDI
    Démission etc
    C'était la libération
    Je vivais une dépression, je n'osais pas dire ce mot
    Mais quand j'en avais fini j'ai vu la différence sur mon moral
    Et bon dieu ça change tout !!!!
    FONCE VITE <3
    http://mademoisellevi.com/

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    1. Je crois malheureusement que je suis en plein Burn Out effectivement...je me dois de tenir encore le coup quelques temps, mais effectivement pour ma santé moral il va falloir que je parte dès que possible...merci pour ton message...

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