lundi 8 septembre 2014

André Brink "Un turbulent silence"...Des horreurs de l'esclavagisme...

L'esclavage ça nous parle, tout comme l'Apartheid, on sait en gros de quoi il en retourne, ce que ça implique...

Je ne m'étais jamais vraiment intéressée à ces périodes noires de l'histoire (sans mauvais jeu de mot aucun), même si j'en avais une vague connaissance...

Et puis 2 films vus récemment m'ont profondément marquée...j'y pense encore, souvent...ces 2 merveilleux films sont "12 years a slave" et "Zulu" : 



Le 1er traite de l'esclavagisme, le second est une enquête policière à couper le souffle dans une Afrique du sud plus que marquée par le racisme blanc/noir issu de l'esclavagisme puis de l'apartheid...

C'est après avoir vu ces films que je me suis dis que je ne connaissais pas grand chose sur le sujet, rien de très profond, de concret...Je sais en gros en quoi consiste l'apartheid, ce que ça a engendré, je connais Nelson Mandela bien sûr, figure de proue et emblématique de lutte pour la liberté contre cette atrocité (dont je vous reparlerai sans doute prochainement ayant acheté "Un long chemin vers la liberté"...mais nous y reviendrons lorsque je l'aurai lu).

J'ai donc décidé de lire et de me cultiver un peu à ce sujet, comme une envie d'en savoir davantage...et me suis procurée 3 ouvrages : 2 d'André Brink et 1 de Nelson Mandela...

André Brink est un écrivain Sud-Africain, un Afrikaner (Sud-Africain blanc d'origine Néerlandaise, Française, allemande ou Scandinave), de père magistrat et de mère institutrice. Il est issu des colons dits BOERS (paysans en néerlandais). Il a fait des études littéraires dont une partie poursuivies en France dès 1959. C'est lors de ce 1er séjour dans notre pays qu'il prendra conscience des méfaits de l'apartheid dans son pays d'origine puisqu'à l'université il voit cohabiter blancs et noirs sur un pied d'égalité (quoiqu'il y a là aussi de quoi débattre...)...

 André Brink

Petit point historique très rapide, l'apartheid (mot Afrikan signifiant "séparation" "mis à part"), issue d'une politique de ségrégation raciale, a été mis en place dès 1948 en Afrique du Sud par le parti Nationaliste en place à l'époque et aboli le 30/06/1991 (il n'y a donc pas si longtemps).

Et aujourd'hui je vais donc vous parler d'"Un turbulent Silence" d'André Brink...


Ce roman traite de l'esclavagisme et non de l'apartheid, mais il s'agit bien là du point de départ de cette abomination raciste...

André Brink nous dépeind une galerie de personnages, d'hommes et de femmes, dans une Afrique du Sud marquée par la domination des blancs sur les noirs. Chaque "chapitre" décrit précisément et en détails le ressenti d'un personnage en particulier et son point de vue sur la situation dans laquelle il se trouve. C'est un roman dans lequel s'entremêlent amour, haine, violence et sexe. C'est superbement écrit et très poétique à certains moments. Il y a d'un côté les blancs, les maîtres, et de l'autre les noirs, les esclaves. 
 Les noirs travaillant très durement dans les fermes où ils se trouvent et accomplissant des tâches agricoles éreintantes. Si le travail est considéré comme mal fait ou que l'esclave n'a pas l'attitude attendue de son maître les sanctions attribuées sont d'une violence rare, le principal châtiment étant le sjambok (fouet en cuir fait de lanières de peau d'hippopotame ou de rhinocéros séchées). Les corps et les âmes de ces hommes, de ces femmes et même de ces enfants de couleurs sont meurtris, marqués à jamais. Les humiliations sont quotidiennes. 
Les blancs agissent sous couvert de la Bible, ils sont très croyants et très chrétiens. Ils lisent la bible à leurs esclaves pour les assouvir davantage dans le but de leur faire oublier leurs propres Dieux et croyances. Ils agissent pour le mieux selon eux et sont de bons maîtres.
Si certains esclaves ont pris le partie de cette vie dont ils n'attendent pas grand chose, d'autres aspirent à une vie meilleure. C'est le cas de Galant, esclave au caractère bien trempé qui va se prendre à rêver de liberté...rêve qu'il compte bien voir devenir réalité.

Je ne vous en dirai pas davantage, mais j'espère vous avoir donné l'envie de dévorer ce roman qui prend aux tripes et ne sera pas sans vous faire verser quelques larmes...

Ce qui m'a le plus marqué ce sont les violences physiques et morales que des Hommes sont capables d'infliger à d'autres Hommes uniquement à cause d'une couleur de peau. Les noirs sont considérés bien moins que des animaux. Les blancs exècrent les noirs mais pas au point de ne pas en  violer les femmes quotidiennement. Les blancs sont très pieux et ils estiment agir selon la volonté de Dieu, ils sont donc persuadés d'agir dans le bon ordre des choses. C'est si révoltant et incompréhensible. Je n'arrive pas à comprendre comment de telles atrocités ont existé, comment on a laissé faire ça, comment on a fermé les yeux sur ces châtiments d'une extrême violence.

La cruauté humaine est ancestrale et sans limite, c'en est effrayant...et l'Histoire ne fait même pas son travail puisqu'aujourd'hui encore la couleur de peau, la religion, l'appartenance politique sont sources de guerres et de génocides. Désolée pour ce petit instant "Philosophie de comptoir" mais c'est ainsi que je ressens les choses.

Retenez simplement que c'est un sublime roman, merveilleusement écrit, avec des personnages complexes, torturés dans leur esprit et dans leur chair, attachants pour certains, écoeurants pour d'autres...Un roman engagé...Un roman que je vous conseille tout simplement...




J'ai écris cet article la semaine dernière, et depuis j'ai vu "Le Majordome", une perle cinématographique qui reprend les thèmes que je viens d'aborder ainsi que la Ségrégation Raciale...je ne vais pas vous faire la critique de ce film, d'autres l'ont fait avant moi, et bien mieux que je ne pourrai le faire, je vous conseille juste de le voir de toute urgence, car même s'il est très dur il est à mon sens un message d'espoir...











5 commentaires:

  1. Ce sont en effet de très beaux films !

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  2. Ça à l'air fort en sensation! Je ne sais pas si je suis de taille à encaisser mais ta critique donne envie de s’intéresser de plus près à la question. C'est aussi une phase de notre histoire locale, ne l'oublions pas trop vite...

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    1. Tu as raison, ça fait parti de notre histoire également...malheureusement...

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    2. Merci pour ce post.... je te conseille aussi un film "42" : Il retrace l'intégration, dans la ligue majeure de baseball des États-Unis, de la légende du baseball Jackie Robinson.
      BonnieM

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    3. Je ne connais pas ce film, je me le note et compte bien le regarder rapidement, merci pour l'info...

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