jeudi 17 octobre 2013

BAD KARMA…mais qu’ai-je fais pour mériter ça !!!

Petite, comme tout le monde,  j’avais des rêves professionnels. Ils ont changé plusieurs fois bien sûr, tour à tour  maîtresse, auxiliaire de puériculture, éducatrice pour enfants, hôtesse de l’air, puis plus grande journaliste, bosser pour des Tour Operator (ah les voyages, cette grande passion qui ne me quittera jamais)…J’en ai eu des idées, des envies, des motivations…combien de fois je me suis vue aller au CIO (Centre d’Information et d’Orientation) en espérant y trouver une aide précieuse pour la réalisation de ces doux rêves, et en ressortir plus dépitée qu’à l’arrivée (car soyons clairs et honnêtes les CIO ne servent à rien, les gens qui y bossent n’y connaissent rien…une belle perte de temps et d’énergie tout ça…).

J’ai fait mon petit bonhomme de chemin scolaire. Pas excellente élève, pas mauvaise non plus, dans la moyenne, avec quand même une grosse préférence et attirance pour le littéraire, la partie sciences et maths étant depuis toujours (et aujourd’hui  encore) ma bête noire.

Tout ceci m’amène à un bac Economique et Social, qui ne me correspond pas vraiment, puis à un BTS Action Commerciale, qui me correspond encore moins, et me voilà à intégrer le monde du travail dans un domaine à des millénaires de ce que je suis, mon métier : « Assistante Commerciale »…non mais sans déconner qu’est-ce que je fous là ?!!! Et je vous passe la floppée d’entretiens foireux et foirés…

Je taffe quelques années comme Assistante Co. dans diverses boîtes, dont certaines de renommée internationale, mais je n’y fais souvent que de brèves apparitions car forcément mon métier ne me plaît pas, je m’y ennuis très rapidement, et du coup j’ai la bougeotte…merci l’intérim qui me permet de ne pas tomber dans la morosité ni la lassitude…bien que je sois déjà bien lassée du monde du travail et ce très rapidement…

Un jour je me réveille, je n’en peux plus de ces taffs que j’exècre, je retourne sur les bancs de la fac (à 28 piges!) pour passer une licence en vue de devenir « Professeur des Ecoles », la licence en poche j’intègre l’IUFM (et là je me dis que c’est gagné, que j’ai fait le plus gros et le plus dur, mais que nenni), et là je foire 2 fois ce putain de foutu concours de merde à la con (la faute à ces putains de foutus maths à la con qui me pourrissent ma vie scolaire depuis toujours). Bref, je ne suis pas Professeur des Ecoles, ça restera l’un de mes plus gros regrets je pense.

Faut bien bouffer, je retourne donc dans le monde merveilleux et beautiful du travail…j’enchaîne les missions d’intérim merdiques (entre temps la crise s’est bien installée et c’est la merde, je vous fais pas un dessin, vous voyez de quoi je parle)…je me vois même faire de la manutention (attention, je n’ai rien contre hein, c’est juste que reprendre ses études pour avoir un bac + 3 pour finir manutentionnaire au smic ça fait quand même mal au cul au vu de l’investissement que m’a demandé ma reprise d’études).

Et un beau jour je passe un concours pour entrer dans une grande institution française bien connue de tous que je ne nommerai pas, et bingo j’ai ce foutu concours. Et là je me dis que wahou, tout va changer dans ma vie, ça y est, je suis en CDI, à priori à vie, je suis sauvée, God Bless Me, enfin !!!

J’intègre donc cette big institution…pleine de rêves et d’espoirs renaissants, je vais pouvoir me faire mon petit trou dans le monde professionnel, grimper les échelons pas à pas, évoluer…la lumière au bout du tunnel…
Et bien autant vous dire que la lumière s’est bien vite éteinte et que les désillusions sont revenues aussi vite qu’elles étaient parties.

Je ne vais pas rentrer dans les détails, ce serait long et ennuyeux, je n’ai pas le talent d’écriture nécessaire pour en faire quelque chose de suffisamment drôle ou dramatique qui rendrait tout ça un tant soit peu intéressant…

Cela fait maintenant 2 ans et demi que je suis dans cette usine à connards (même si tu rentres un peu intelligent tu deviens vite un connard par la force des choses) où le quotidien est très militaire, tu commences à telle heure, pause café à telle heure, pause déj à telle heure, re pause café à telle heure, et tu te casses enfin pour retrouver ton home sweet home et ta family à telle heure…Une belle routine s’installe, tu t’y engouffres, tu t’y perds jusqu’à en déprimer…
Moi qui suis ultra dynamique et autonome je me retrouve à accomplir des tâches (rébarbatives) que l’on m’impose d’exécuter dans un ordre bien précis…adieu autonomie, bonjour aliénation…
On me reproche mon caractère trop vif, ma façon de travailler trop rapide, ma grande gueule trop grande…je ne rentre pas dans le moule et on me le fait bien sentir chaque jour…je vous passe les altercations avec mes responsables (3 boss pour 25 personnes dans mon service, il faut au moins ça !!!)…
On nous prend pour des cons, on nous rend cons, on est dirigé par des cons…Welcome in the world of the biggest connards (connasses) you’ve ever seen…

C’est vraiment dommage que je ne sois pas écrivain, car sérieusement il y a du bon potentiel dans mon service, j’ai beaucoup de collègues, essentiellement des femmes (c’est sans doute ça le drame, trop de femmes dans un seul et même endroit n’a jamais été très sain) et je ne vous raconte pas le panel, enfin si, je vais vous le raconter parce que quand même c’est juste caricatural…

Nous avons donc :

La salope fouteuse de merde
La méchante incompétente qui bave sur tout le monde (et que les chefs adorent bien sûr)
La facho
Celle qui a foiré sa vie amoureuse (tellement elle est conne) et qui se retrouve à 50 piges seule avec ses chats (dont elle te parle à longueur de journée et dont tu te branles royalement)
La discrète que tu n’entends jamais (d’ailleurs qu’elle soit là ou pas c’est pareil)
La bouffonne qui passe sa vie dans le bureau des chefs à bien leur lécher le fion au lieu de bosser et qui bien sûr fait office de référence exemplaire
La nulle qui se croit bonne
Celle qui bite rien à rien alors qu’elle est depuis 30 ans dans le même service
La vieille qui attend la retraite avec impatience
La jeune qui vient d’arriver pleine d’espoir et de rêves (moi il y a 2 ans et demi)
La désillusionée (moi aujourd’hui)
La grande gueule qui s’attire les foudres des boss (moi depuis toujours)
La sérieuse
La gentille
La rigolote
L’hystérique
La dépressive (mon service à lui seul doit être le plus gros consommateur d’anti dépresseur du monde)

Sachant que tu peux parfaitement cumuler et ainsi te retrouver avec :

La facho qui a foiré sa vie amoureuse qui aime plus les chats que les gens, surtout si ces gens  ne sont pas blonds aux yeux bleus
La fouteuse de merde méchante et hystérique
La bouffonne incompétente (sauf en matière de léchage de fion bien sûr) qui se croit bonne

Et oui, les combinaisons sont infinies, un vrai vivier anthropologique qui ravirait les sociologues, il y a matière à études…et je ne vous parle que de mon service…imaginez l’infinité de combinaisons aussi tordues et déprimantes si on prend en compte les 1300 salariés de cette boîte à neuneu (et tout ça que pour ma région, car il y a une boîte à neuneu par région !!!)…on n’arrête décidément pas le progrès.

D’où ma question : MAIS QU’AI-JE BIEN PU FAIRE DANS MES VIES ANTERIEURES POUR MERITER CA ???

Je ne vois que 2 solutions 

- soit j’avais un taff de rêve et du coup pour rééquilibrer la balance universelle je me tape un taff de merde dans cette vie ci
- soit j’ai été une belle salope et je suis actuellement en pénitence…

Non, sérieusement, je ne vois rien d’autre…






Je remercie quand même mon good karma pour ma vie personnelle qui est (heureusement pour moi) une bien plus belle réussite que ma vie professionnelle...



10 commentaires:

  1. Ahahahah non je crois que bosser avec des femmes c'est l'enfer surtout si l' on a des chefs hommes qui ne savent pas gérer coté management . En France on en est encore au "diviser pour mieux régner " ou au "meilleure pourriture tu seras, géniale on te verra" .

    J'ai déjà vécu ça dans un milieu de femmes , qui humainement ne valaient pas grand chose, c'est usant et on en vient à faire le minima , ce qui te sera reproché ensuite de toute manière.
    Je pense pas que t'ais fait quelque chose de mal :p c'est juste que dans certains milieu la qualité des relations au travail se dégrade d'année en année.

    En tout cas, tiens bon ! Ne craque pas avant d'être dans un meilleur taff :)

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    1. C'est exactement ça, tu as tout dit...et en prime mes chefs sont des nanas, les hommes sont minoritaires dans ma boîte...
      Je ne pense pas craquer, par contre il est clair que côté prod. je ne me fais plus trop chier (à quoi bon...).
      J'espère changer de taff un jour, pour le moment vu la conjoncture ça semble un peu compliqué, mais je ne pense sérieusement pas faire ma vie dans ce goulag...

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  2. Ton article aurait pu me faire rire mais tout cela me fait trop de peine... Entre le gâchis d'avoir quelqu'un de ta qualité pour ne rien en faire, la bêtise de ton équipe qui ne mène à rien et ton sentiment de ne pas te réaliser dans ta vie pro, ça fout les boules ! Contrairement à toi, j'ai eu une super expérience dans un CIO, un test sur un logiciel qui m'a dit que j'étais faite pour la com' à la fin de mon DEUG. Je me suis inscrite en fac de com', j'ai kiffé et ça fait 10 ans que c'est mon métier et que je n'en changerais pas !
    Je ne crois pas au paiement de dettes d'une vie antérieure. En revanche, je pense qu'il y a toujours moyen de changer d'orientation en cours de route. Tu n'as peut-être pas encore évalué toutes les options, ou fait la bonne rencontre. Ça viendra, il faut juste garder confiance en la vie. Et vive l'amour !

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    1. C'est vraiment génial que tu es eu la chance d'être très tôt orientée là où était ta place...
      Moi je prends tout ça avec le plus de recul possible, même si je trouve tout ça désolant.
      Mais comme tu dis, je pense effectivement que rien n'est définitif et je veux croire qu'un jour je serai moi aussi là où je dois être...
      En tout cas merci pour ton message plein d'espoir ;-)

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  3. L'orientation ... Bien difficile !
    J'ai eu la chance de réussir a me réorienter des la fin de mes études. J'ai trouve un équilibre mais j'avoue qu'en France nombreuses et nombreux sont dans ton cas :-(
    J'espère que tu pourras trouver un travail qui te conviendra ... Courage !

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    1. C'est clair qu'en France on est plutôt mauvais dans l'orientation, et une fois que t'es mal barré pour en sortir c'est le parcours du combattant, et c'est bien dommage...Tout reste à faire dans ce domaine...

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  4. Comme tu dis, heureusement que tu l'as ton good karma pour le reste de ta vie ^^ Moi de mon côté j'ai décidé de rallonger ma pause. Je verrais bien plus tard ce que je veux faire/pas faire et surtout ce que je vais être obligée de faire ! Mais je compte bien tester l'Interim histoire de voir si j'ai envie de continuer dans ce que je faisais avant.

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    1. Tu as bien raison...moi pour le moment je reste où je suis, pas le choix, mais je vais rester en éveil sur ce qu'il se passe sur le marché du travail,et si un jour j'ai une opportunité je ferai tout pour la saisir...

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    2. "La sécurité de l'emploi" qu'ils te disent ma chérie en plus, dans cette boîte à neuneus... Ou alors, tu fais comme ma mother. Elle y est rentrée à 20 ans, n'a rien connu d'autre, et du coup le vis pas trop, trop mal. Enfin, j'dis ça, mais elle a préféré s'enterrer dans un petit service où on lui fout une paix (nan pas royale, faut pas déconner, même elle, elle se fait emmerder avec le rendement) un peu plus grande que dans les autres services... elle a fait le choix de ne pas évoluer. De rester à faire des trucs complètements insignifiants, pour ne pas se retrouver dans le vivier de connasses des étages supérieurs. Je la comprends. Et finalement, elle a été une super maman, en tournant le dos au stress du boulot. En le laissant aux morues à dents longues. Bref, le boulot, c'est important, mais ça fait pas tout. Avec les années, j'accepte de m'être plantée, de ne pas avoir évolué autant que j'en rêvais gamine... et d'avoir vachement mieux réussi ma vie perso aussi ! (qui à la base, était plutôt mal partie. Sacrément foireuse même). Aimant à boulets, bonjouuuur!
      Je te raconterai ma Dood, mais c'est un truc de ouf. Ton parcours, c'est le mien. Enfin, ils se croisent sacrément ! Mais franchement, y'a de quoi avoir des doutes... ta mère a toujours été fidèle?? lol

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    3. Oui, la sécurité de l'emploi, d'autant plus de nos jours...mais à quel prix...Au départ j'étais motivée à donf, je comptais évoluer, mais là j'en suis rendue comme ta mère, je fais mes heures et basta, ça me permet de gérer ma fille, je la récupère à la sortie de l'école, j'ai pas mal de vacances, bref, je prends ce qu'il y a à prendre même si c'est hard émotionnellement...
      Côté vie privée ça n'a pas toujours été la fête du slip de mon côté non plus, rapport à mes problèmes de poids et avec la bouffe (j'ai écrit récemment à ce sujet aussi, un article sur les régimes, un autre sur l'hyperphagie), autant te dire que j'ai eu de très longues périodes désert de Gobi côté mec...puis je suis tombée sur un gros bâtard, et enfin j'ai rencontré mon super zhom...
      Et pour la dernière question : ma mère oui ;-)

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